Dans son livre, Philippe Labro parle du moment où il a basculé de la dépression au début de la guérison, en mangeant une tartine de confiture à une terrasse.

Hier j'aurais pu dire que je pensais avoir mangé ma tartine de confiture jeudi mais ce soir je ne crois pas, plus.

C'est pénible cette sournoise, ces hauts et ces bas, ce stress qui revient doucement mais sûrement, c'est pénible.

Alors ce soir je vais me jeter dans mon tricot pour essayer de penser à autre chose.

Et puis c'est pénible de toujours dire que ça ne va pas, il faudra bien que ça aille mieux mais pas juste par moments, sur le long terme, me sentir bien plusieurs heures voire plusieurs jours d'affilé...

Je n'ose plus dire quand mon me le demande que ça ne va pas. Comment cela pourrait-il ne pas aller, rester à la maison à ne m'occuper que de moi, prendre enfin du temps pour moi, faire des choses que je repousse depuis dix ans, d'autres que je repousse depuis sept ans, prendre enfin le temps de prendre le temps, ne penser à rien, ne plus penser, prendre de la distance et du recul, revoir mes priorités, l'importance des choses...

Alors oser dire que non ça ne va pas, que je me sens (très, par moments) mal, je trouve cela indécent.

Peur de lasser les personnes qui me portent depuis plusieurs mois.

Ce n'est pas dans ma nature. J'ai toujours beaucoup pris sur moi, je m'estime très privilégiée, je n'ai donc pas à me plaindre. J'ai honte de me lamenter, honte de coûter aussi cher à la société. 

Je travaille sur cette culpabilité avec ma psy mais là, elle revient à grand pas.

J'angoisse de reprendre même si je sais que c'est très loin. 

Désolée, pas drôle de lire ce que j'écris...