Je mets sur mon blog tout ce que je trouve comme infos pour que vous compreniez ce qu'il se passe dans le monde (pourri) des réformes de l'éducation.

Que vous compreniez le malaise, le mal-être des instits qui n'en peuvent plus de se voir encore plus enfoncés, méprisés, dédaignés, après des années de travail de sape en profondeur du précédent gouvernement...

Comme l'a dit Verveine Citron dans un commentaire au précédent billet, elle est "profondément de gauche", moi aussi mais je suis TELLEMENT déçue, j'attendais TELLEMENT et finalement on nous prend TELLEMENT pour des CONS, on nous fait passer pour des gens qui ne veulent pas bouger, pour des privilégiés (pensez toutes ces vacances et puis 24 heures de cours par semaine, quelle bande de feignants !)...

24 heures de cours hebdo c'est sans compter les heures de préparation, les heures de corrections, les réunions de concertation, les heures d'animations etc...

Depuis le 4 septembre je travaille non stop de 8h20 à 16h30 puis je m'y recolle de 20h à 23h en moyenne quasiment tous les jours sauf le mercredi où je travaille à mon ordi et à mes copies de 8h30 à 19h et parfois le soir et pareil les samedis et dimanches. Parce que quand on aime on ne compte pas... Mais on va finir par compter parce qu'on n'en peut plus...

La réforme que propose le ministre de l'Education Nationale n'est pas acceptable pour tout instituteur/trice normalement constitué/e. Je ne peux pas l'accepter telle qu'elle est.

Mes enfants vont "trinquer" aussi.

Ma vie de famille et de couple aussi (c'est déjà, selon les jours, le cas)...

La colère gronde, monte en moi, chez mes collègues aussi... et tant mieux !

Je ne suis pas une dingue de la grève, déjà parce que souvent elle ne sert à rien sauf à me faire perdre une centaine d'euros mais là, s'il y a grève je les ferai et je descendrai dans les rues manifester parce que STOP !

Alors pour que vous essayiez de comprendre pourquoi nous ne sommes pas d'accord, pourquoi ce n'est plus acceptable, je vous remets de nouveaux documents que j'ai trouvés aujourd'hui...

 

 

"Peillon : les instits seront les dindons de la farce

Mine de rien, c’est une petite bombe qu’a lâché le Café Pédagogique en révélant le premier la teneur des propositions faites mardi 16 par le ministre Peillon lors de la concertation qui a débuté cette semaine. Une bombe, peu relayée dans les médias, dont la déflagration n’a pas fini de secouer les enseignants de primaire et qui dévalue nettement la réforme des rythmes scolaires, semant au passage le trouble quant à la méthode Peillon.

Abordant la question des rythmes scolaires, Peillon a confirmé que le mercredi matin serait travaillé, que la journée de classe serait bien ramenée à 5 heures de classe au lieu de 6, et a formulé la proposition suivante : l’heure restante (15 h 30 – 16 h 30) sera prise en charge moitié par les collectivités locales, moitié par les instits, qui feront l’aide aux devoirs à leurs élèves dans leur classe entre 15 h 30 et 16 h 00.

 

Dindons

On comprend que le ministre ait eu du mal à trouver qui allait prendre en charge la fameuse 6ème heure d’école. On comprend que le gouvernement ait voulu éviter que cette charge ne soit trop grande pour les collectivités locales, invitées à financer l’encadrement de cette 6ème heure. On comprend que l’état ne voulait pas verser un centime dans cette affaire. On comprend surtout que les enseignants étaient la solution idéale : déjà sur place, déjà payés. Les voici donc chargés d’éponger le manque de moyens d’une réforme qui ne se donne pas les moyens. Les instits vont prendre sur eux les contradictions de la réforme. Ils permettront, seuls, de colmater les brèches nées du décalage entre les intentions et la réalité. Ils paieront les impossibilités structurelles et les empêchements économiques. Les instits, « variables d’ajustement d’un jeu de dupe » (Christian Chevalier, ici).

Voilà un coup qui risque de peser assez lourdement sur le moral des enseignants. On leur avait dit, pas d’augmentation, malgré la perte vertigineuse et constante du pouvoir d’achat depuis 10 ans (cette semaine encore un rapport d’Eurydice confirme l’énorme perte de pouvoir d’achat des enseignants français sur la dernière décennie). Ils ont accepté, la gorge nouée, les instits ne sont pas plus cons que d’autres, ils sont capables de comprendre que les caisses de l’état sont vides, pas d’augmentation.

On leur avait dit, venez une demi-journée de plus par semaine. Ils ont dit d’accord, ils étaient de toute façon les premiers à dire majoritairement que 4 jours d’école était la pire solution. On leur a donc dit, venez le mercredi à l’école. Ils ont dit d’accord, dans l’ensemble, même si certains auraient préféré le samedi. On leur a dit que le mercredi, c’est mieux pour les familles et le tourisme et ils ont dit c’est pas faux, ça s’entend.

Ils ont dit d’accord à tout ça, malgré tout, avalant leur chapeau à l’occasion, dans l’espoir que cela change les choses, pour les élèves, pour leur classe, pour eux.

Voilà qu’on leur demande de venir travailler plus pour gagner pareil. Eux qui travaillent en moyenne 40 heures par semaine, d’après l’Inspection Générale, eux qui sont parmi les enseignants qui travaillent le plus de tout l’OCDE, pour un salaire nettement inférieur à la moyenne.

Surtout, au-delà de leur propre sort, ce qui apparaît de plus en plus nettement aux instits, c’est que cette réforme est en train de se vider de son sang, victime de trop d’incohérence, grosse de trop de contresens, et que tout ce qu’elle était censée apporter, changer en profondeur, s’est perdu en route.

 

Farce

Dès le départ, quand on a annoncé que les journées des élèves seraient moins denses, moins chargées, on était dans l’imposture. Plus courtes elles seront, les journées, certes, mais avouez que 5 h 30 au lieu de 6 heures, ça ne risque pas de changer grand-chose. Et puis, ces journées ne seront certainement pas moins chargées, car dans l’affaire on perd une heure de classe par semaine (23 h au lieu de 24), soit 36 heures sur l’année. Pour faire la même chose qu’avant. En plus vite, donc. En plus pressé, ou alors pas en entier. Dans tous les cas, les élèves en difficulté seront les premiers à trinquer.

Imposture 1 : les journées seront en fait plus denses.

Les devoirs faits à l’école, c’est dans l’air depuis un moment et pourquoi pas, après tout. Question d’égalité, certains n’ont pas la chance d’avoir des parents derrière eux. Mais ce que propose Peillon frise le ridicule : 30 minutes dans la classe, avec tous les élèves. Soit une minute par élève, en gros. Ah, ils vont être bien faits les devoirs ! Ah elles vont être bien sues les leçons !

Imposture 2 : faire croire que les devoirs peuvent être faits dans ces conditions relève de la supercherie.

Sans compter que, après les devoirs, les collectivités locales prendraient le relais pour… 30 minutes. Si on compte les déplacements, le passage aux toilettes, etc., il restera 20 minutes aux collectivités pour faire quoi ? Rien. On parle d’éveil artistique et sportif, on aura à peine de la garderie dans la cour de récré.

Imposture 3 : en 30 minutes, le périscolaire ne pourra rien mettre en place.

Tout se passe donc comme si on voulait sauver les apparences : laisser penser que le nouveau rythme de l’école va enfin permettre des journées plus calmes, plus légères, et ainsi la progression de tous ; laisser croire que les devoirs seront faits correctement et les leçons sues lorsque les enfants rentreront chez eux ; laisser imaginer que les élèves s’enrichiront et se cultiveront sur le temps périscolaire de fin de journée.

 

La fin de l’aide personnalisée, mauvaise solution

A moins que tout ceci précède une autre annonce : la fin de l’aide personnalisée. Ce dispositif avait été mis en place par Darcos en 2008 suite au passage à la semaine de 4 jours. Parmi les 108 heures annuelles de travail des enseignants dégagées par la mesure, 60 avaient été affectées à ce qu’on appelle communément le « soutien ». Ce dispositif a toujours été décrié : d’abord parce qu’il a permis à Darcos puis Chatel de démanteler les RASED, les Réseaux d’Aide Spécialisée aux Elèves en Difficulté chargés d’une expertise que ne possède pas l’instit lambda ; mais aussi parce qu’il n’a pas montré, sur le long terme et à grande échelle, son efficacité, ajoutant de surcroit une heure de classe à la journée déjà chargée d’élèves facilement débordés.

Peillon s’est déjà prononcé en faveur de l’arrêt de l’aide personnalisée. Ira-t-il au bout de sa logique ? Dans ce cas, deux heures de travail devant élèves seraient libérés dans le planning des instits, ce qui correspond exactement aux 4 x 30 minutes d’aide aux devoirs à venir… Sauf que la fin du soutien ne serait de toute façon pas une réponse aux problèmes soulevés plus haut. A l’imposture de l’aide aux devoirs telle que proposée s’ajouterait la suppression de ce qui reste sur le papier une aide aux élèves en difficultés. Et comme Peillon n’a pas les moyens de relancer les RASED…

 

A quoi joue Peillon ?

Peu importe les contradictions, au fond, pour Peillon : d’une part il donne le change aux familles (« aucun enfant ne sera hors de l’école avant 16 h 30 », et plus de corvée de devoirs à la maison), d’autre part il évite la grogne des collectivités locales, enfin surtout il ne débourse pas un sou. Gagnant gagnant.

Reste que du côté des enseignants, c’est plutôt perdant perdant. Les syndicats sont interloqués. « Où est passé l’ambitieuse réforme des rythmes scolaires et ses objectifs de réussite pour tous ? » demande le SNUipp, principal syndicat du primaire, qui déplore « une journée pratiquement aussi longue, une demi-journée supplémentaire le mercredi matin, un deuxième trimestre toujours aussi déséquilibré ». « Si on ne fait que réduire les journées des élèves d’une demi-heure, on sera loin de la grande réforme promise », déclare le SE-Unsa. Le SNES met en garde contre un « risque de désillusion ». « Si les enseignants ont l’impression qu’on les mène en bateau, cela peut déclencher une vague de colère ».

Une colère qu’on a pu vérifier cette semaine sur les réseaux sociaux, où les premiers intéressés se pincent pour y croire : hébétude, atterrement, frustration, incompréhension, déception. Rage. Sentiment, une fois de plus, quela réforme se fait en dépit du bon sens, dictée par tous les impératifs sauf ceux annoncés : le bien des élèves, de la classe.

Peillon pourrait bien sûr faire comme si de rien n’était : après tout il lui serait facile de retourner l’opinion contre ces instits corporatistes qui ne pensent qu’à leur bien-être et sont incapable d’accepter la première réforme venue, de venir travailler une heure de plus chaque semaine. Car les choses ne manqueront pas d’être résumées ainsi. Les enseignants connaissent la musique de la dévalorisation, de la stigmatisation, la Nation prise à témoin, ils l’ont entendue pendant des années.

Sauf qu’il ne s’agit pas d’eux, ici, pas seulement. Que ce soit clair : ce sont les buts que s’est fixés Peillon lui-même qu’il est en passe de manquer. Les intentions de la réforme étaient louables, la tournure qu’elle prend la vide de tout son sang.

Après les espoirs suscités à son arrivée, réels, et la lune de miel qui a suivi, les rapports entre Peillon et les enseignants pourraient se dégrader sérieusement. Parce que le ministre n’hésite pas avec cette proposition à faire des instits les bous-émissaires de la réforme, mais surtout parce que la connaissance des dossiers, le volontarisme, la justesse des diagnostics et la vision pertinente dont avait fait preuve jusqu’ici Peillon ont commencé à se lézarder, et avec, les espoirs de changement.

On sait les sentiments qu’inspirent les plus grandes déceptions"

source blog.lexpress.fr

 

 

"Refondation : Double peine pour les professeurs des écoles 

 

Les professeurs des écoles vont-ils payer le prix de la refondation et du poids accru des collectivités territoriales dans le système éducatif ? La question est posée par les propositions ministérielles présentées le 16 octobre aux syndicats. Vincent Peillon demande aux  professeurs des écoles de travailler plus. En échange de quoi ?

 

François Hollande avait posé les principes de la réforme des rythmes scolaires au primaire le 9 octobre : une réforme mise en place à la rentrée 2013, des journées de classe plus courtes, 9 demi-journées travaillées par semaine au lieu de 8, une aide aux devoirs à l'école et aucun enfant dehors avant 16h30 à charge pour l'Etat et les communes de trouver le moyen de mettre en place cet accompagnement.

 

Un jour et une heure de plus par semaine...

 

Ce moyen, Vincent Peillon l'a trouvé : c'est le professeur des écoles. Le schéma qu'il a présenté aux syndicats le 16 octobre fait peser sur les seuls enseignants tout le poids des réformes. La semaine de classe applicable à la rentrée se composerait de 4 journées, les lundi, mardi, jeudi et vendredi, de 5,5 heures en classe entière et de la demi-journée du mercredi matin avec 3 heures en classe entière. Chaque après-midi la dernière demi-heure sera consacrée à l'accompagnement aux devoirs.

 

Par rapport à l'existant, les professeurs des écoles devront travailler une demi-journée supplémentaire avec les conséquences sur leur vie familiale (garde d'enfants, frais de déplacements etc.). Ils devront aussi faire cours une heure de plus : ils effectuent aujourd'hui 24 heures hebdomadaires devant la classe entière. Ils en feront 25. "C'est la double peine", nous dit Christian Chevalier, secrétaire général du Se-Unsa. Il reste "abasourdi" devant ces propositions gouvernementales.

 

Vers la triple peine ?

 

Le ministre a arbitré de façon à alléger au maximum la charge des communes. Il ne ramène pas la journée de classe de 6 à 5h mais seulement à 5,5 heures de façon à diminuer l'encadrement post scolaire qui reviendra à la charge des communes. Le Café avait souligné le problème : aujourd'hui les communes encadrent une petite proportion des jeunes le mercredi matin. Or à partir de 2013 ce sont tous les enfants qui seront à accompagner 4 jours par semaine. Toutes les communes n'ont pas la capacité financière d'y faire face et il faudrait alors mettre en place un système de péréquation. Avec la solution imaginée par VPeillon, les communes n'ont plus en charge qu'une demi heure d'encadrement. Et encore ce n'est pas sur. Car il suffirait d'allonger la pause méridienne jusqu'à 14 heures, comme le demandent certains parents, pour que la totalité de la journée soit effectuée par les enseignants. L'engagement électoral des devoirs faits à l'école serait alors tenu tout en allégeant le poids financier sur les communes...

 

Quelle compensation ?

 

V Peillon reçoit le 17 octobre les représentants des collectivités locales. Les discussions vont se poursuivre avec le ministère avec les syndicats. Mais on ne voit pas trop quelles compensations l'Education nationale pourrait offrir aux enseignants. Le budget 2013 laisse peu de marge. Il faudra beaucoup d'inventivité et peut-être de résistance aux pressions des élus locaux pour rendre la réforme des rythmes scolaires acceptables aux enseignants du primaire.

 

François Jarraud"

source le café pédagogique

 

 

"Salaire : Les professeurs français champions du monde de la perte de pouvoir d'achat 

Longtemps cas unique en Europe, les professeurs français ne sont plus les seuls à voir baisser leur rémunération. Mais ils sont les seuls en Europe à connaître une baisse régulière de pouvoir d'achat depuis plus de 10 ans. S'ils ne sont pas les champions du monde par l'importance de la baisse ils le sont sur la durée puisque leur niveau de vie n'a cessé de baisser depuis 2000. Une situation qui hypothèque sérieusement la politique gouvernementale qui mise sur 43 000 recrutements.

 

Deux études internationales différentes balaient les revenus des enseignants dans les pays développés. IL y a quelques semaines, l'OCDE publiait l'édition 2012 des "Regards sur l'éducation". C'est maintenant l'annuaire européen Eurydice qui complète ces données pour les pays européens.

 

Contrairement à ce qu'on pourrait croire, l'univers éducatif est marqué par une nette hiérarchie salariale. Dans tous les pays européens on observe une progression des rémunérations entre les enseignants du primaire et du second cycle du secondaire ainsi qu'entre les enseignants et chefs d'établissement. Cet écart peu être très faible (République tchèque)  ou sensible comme en Allemagne entre enseignants. Entre enseignants et chefs d'établissement il peut aller du simple au triple en Angleterre.

 

Les inégalités salariales sont aussi importantes en Europe. Ainsi un professeur des écoles luxembourgeois va gagner de 65 000 à 116 000 euros par an quand son homologue français ne touchera que 23 à 45 000. Mais l'écart existe aussi entre enseignants allemand (40 à 53 000) et français.

 

Globalement les salaires de début des enseignants français sont parmi les plus bas d'Europe de l'ouest. Ils sont au niveau des salaires anglais ou italiens mais plus bas que les salaires espagnols ou d'Europe du nord. Par contre les salaires de fin de carrière sont comparables à la plupart des pays européens. Là la particularité de la France c'est que ses enseignants sont beaucoup plus jeunes que ceux des autres états européens. Le salaire moyen est donc en retrait par rapport à nos voisins.

 

Mais la principale particularité de la rémunération des enseignants français c'est son évolution. De 2000 à 2010, les enseignants français et japonais sont les seuls de tous les pays de l'OCDE a avoir régressé. Partout ailleurs les enseignants ont gagné en niveau de vie, en général autour de 20% parfois beaucoup plus comme en République tchèque où les salaires ont doublé.

 

Depuis 2010, les enseignants français ont continué à voir leur niveau de vie décroitre. Mais du fait de la crise économique ils ne sont plus seuls. Les pays les plus gravement touchés par  la crise financière ont baissé la rémunération des enseignants comme des fonctionnaires en général. Ainsi en Grèce, ils ont diminué d'environ 20%; en Espagne et en Italie de 5%; au Portugal les professeurs ont vu disparaitre leur 13ème et 14ème mois...

 

Le dernier point remarquable des salaires des enseignants français c'est leur écart avec el salaire moyen d'un diplômé de l'enseignent supérieur. Il y a des pays où être enseignant permet de gagner plus que ce que l'on obtiendrait dans une entreprise.  C'est le cas en Espagne, en Allemagne , en Angleterre par exemple. En France, quand on est diplômé du supérieur, on perd en rémunération en devenant enseignant.

 

François Jarraud"

source le café padagogique